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La panthère des neiges de Sylvain Tesson

Dernière mise à jour : 4 janv.


Dans La panthère des neiges, c’est l’expérience de l’affût bien plus que l’apparition de la panthère qui est prétexte à une métaphysique à 5000 m d’altitude par un -30°C tibétain. Sous la plume de Sylvain Tesson, l’écrivain voyageur qui accompagne cette fois le photographe Vincent Munier, l’affut devient le cœur même toute aventure, son fondement, sa raison d’être. ‘L’affut était un mode opératoire. Il fallait en faire un style de vie.’ Au fur et à mesure de ma lecture, un bonheur venu d’Afrique se ravive, l’écriture de Sylvain Tesson me semble familière. Je connais déjà cette manière de décrire ces espaces d’aventure, cette saturation de références littéraires, spirituelles, philosophiques, scientifiques, pour Tesson il s’agit du Livre des Morts tibétain, Jack London, Proust, le Tao-Tö-King, Aristote, Nietzsche et tellement d’autres encore. Je connais cette patiente observation de la nature humaine et son rapport à l’invisible, la nature et les animaux, de la place de l’homme sur la terre. Une filiation qui peu à peu s’impose et qui enfin se confirme : ‘J’imaginais Karen Blixen petit-déjeunant tous les matins au pied du Ngong, l’air de rien, devant les explosions de flamants roses. Je me demandais si elle s’était fatiguée de la splendeur. Elle avait écrit La ferme africaine, le plus beau des livres sur le paradis terrestre. La preuve qu’on ne se lasse jamais de l’indescriptible.’

Depuis, je suis comme en apesanteur, Karen est aujourd’hui encore une référence, et quelle référence ! Le prix Renaudot 2019 lui rend hommage, et je pense qu’elle serait très admirative des récits de Tesson.

Sylvain Tesson rejoint donc Karen à la place d’honneur de mon panthéon des écrivains et 2021 se termine pour moi par la plus enchanteresse des manières, par une épiphanie littéraire.

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