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Mon âme s'envola


Aux premières heures du solstice d’été, lorsque la lumière du soleil toucha enfin nos corps, mon âme s’envola. Est-elle devenue oiseau, ou bien étoile ou encore un arc-en-ciel ? Depuis, je sais qu’elle vagabonde où bon lui chante, et c’est très bien ainsi. Avant moi, les corps étaient abandonnés à la nature, ce qui permettait aux animaux de se nourrir de nous comme nous nous nourrissions d’eux. Mais, au fur et à mesure que le froid s’installa dans l’immense plaine au-dessous de notre piton rocheux, la vie se crispa. La peur de la mort, la peur de ne pas survivre, la peur surtout de vivre en vain sans jamais arriver jusqu’à vous, poussa mon clan à demander de l’aide à ceux qui avaient vécu avant nous. Eux savaient. Demander à l’esprit des morts, une réponse à notre effroi était une idée qui peu à peu faisait son chemin. Nous décidâmes alors d’ériger des dolmens et d’y déposer les corps de ceux qui mourraient laissant à la lumière du soleil le soin de faire son œuvre. Un dolmen est sans doute la toute première métaphore imaginée par une humanité en proie aux limites de l’instinct. Un dolmen est l’écriture de la vie qui pense.

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