• alencreclaire

La femme sauvage XI


Au petit matin, lorsque le jour et la nuit rivalisent encore, elle aimait travailler à la lueur d’une mosaïque de bougies. C’était un moment d’une tension morale insoutenable rendue perceptible par la courbe raidie de son corps que seule une introspection minutieuse soulageait. Donner sens à ce qu’elle écrivait, générait en elle beaucoup de peur, voire même de la terreur. Une terreur à fleur de peau, latente, épuisante. Je ne connaissais pas l’origine de cette crispation, de ces coups d’arrêt brisant tout élan de sa plume. J’ignorais l’origine de ce tourment, qui avec application, sapait son inspiration et la laissait dans un désarroi blanc.

Ma présence lui devenait indispensable. Je commençais à croire à un désordre, à une défaillance de l’enfance. Mais alors, en quoi lui étais-je utile ? Puis, je me mis à penser, et là, un frisson me parcourut l’échine.



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