• alencreclaire

La femme sauvage XX


Un après-midi de septembre, je fis la connaissance d’Angèle qui me tomba littéralement dans les bras. Au moment de me dépasser sur le chemin pierreux et étroit, son vélo étant bien trop haut et bien trop lourd pour sa petite taille, fit une embardée. Dans sa chute, ses longs cheveux blonds se soulevèrent puis retombèrent comme un champ de blé sous le souffle du vent. Elle n’était pas vraiment belle mais avait un charme, une singularité dans les traits qui ne me laissèrent pas indifférent. Je voulus l’aider. Ce n’est toujours pas facile de savoir jusqu’à où un homme peut aider une femme, s’il peut l’aider tout court d’ailleurs. On ne sait plus très bien où on met les pieds. Si elle avait été seule, elle aurait trouvé une solution pour galérer le moins possible, je n’en doutais pas, mais j’étais là, alors je lui proposai de l’aider. Elle pouvait refuser en me trouvant paternaliste, pire macho, et moi, les deux mains dans les poches, je l’aurais regardée suer de fierté à pousser toute seule son vélo lourd comme du plomb. J’aurais pu me taire et la laisser me demander de l’aide, si elle l’avait souhaiter, mais là aussi, j’aurais été un macho, mais pas de la même espèce, de celui qui pensait qu’elle avait voulu faire la maligne avec un vélo complétement inadapté, qu’elle l’avait bien cherché et qu’elle n’avait qu’à s’en sortir toute seule, ce qui faisait de moi, le pauvre type de base. Par chance, elle accepta de partager avec moi le retour jusqu’au village.

Après avoir clos le récit de mon aventure, les yeux nuit me regardèrent avec confiance et bienveillance, une douceur inédite embellissait son sourire. Elle se donna un temps de réflexion puis lança. Et si elle avait été laide ?

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