• alencreclaire

La Femme sauvage XXVI

Dernière mise à jour : 21 févr.


J’ai envie de parler de toi. J’ai envie de te parler. Je dévoile ta présence, je me sens légitime de raconter une histoire à peine croyable dans laquelle nos vies s’entremêlent à jamais. Tous deux, nous savons qu’un fantasme peut tuer un être humain car il s’agit d’une folie mortifère qui ne s’achève jamais. Une monstruosité pareille est tellement inconcevable qu’elle ne possède pas de nom si bien que les mots me manquent pour définir notre lien. Cependant, au fils des années, bien plus qu’un ennemi, tu as fini par devenir mon complice. Je n’ai jamais capitulé, je n’ai jamais rendu les armes, pourtant, entre terreur et chutes vertigineuses, je suis tombée dans tous les fossés de ma vie. Certes, lutter c’est s’adapter mais résister ne signifie pas pour autant vivre. Ce n’est pas parce que tu n’es plus que je suis. Nietzsche a raison l’éternel retour rend le chemin périlleux.

Quelle lutte fut la mienne. Une lutte que je revendique, que je vénère, sans doute trop d’ailleurs. Elle s’impose moi. Être condamnée à mort le jour de sa naissance et continuer malgré tout à faire bonne figure est épuisant. Le choc a été si violent qu’il m’a fallu une énergie impressionnante pour y faire face. Le va et vient de nos âmes dans nos corps les premières semaines démontre, si cela est vraiment nécessaire, ma volonté, ma détermination à ne pas devenir un ange sinon déchu, asexué par nature. Je suis née fille et ma lutte tient du fait que je voulais le rester. Mon courage a fait que les ennuis ont commencé. La réalité n’efface pas les fantasmes, au contraire, elle les ravive. Ma réalité de fille bien décidée à être, leur est vite devenue insupportable, une véritable souffrance qui réclamait vengeance.

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