• alencreclaire

La femme sauvage XVII


Derrière le paravent ajouré, elle ôtait en toute hâte ses vêtements, laissant la brise façonner le désordre de ses cheveux, et devenait peu à peu attentive à la mélopée apaisante du lac. Il lui fallait se délester de ce qui pourrait entraver la quiétude de cette cérémonie. Elle contemplait le calme autour d’elle. Le froid l’enveloppait toute entière. Elle frissonnait à l’idée de faire corps avec l’eau. Telle une prêtresse, elle pénétrait à pas lents dans un temple qui lui était dédié, afin d’y accomplir un rituel sacré. Tout son être le désirait. Elle seule en connaissait les secrets. Elle se laissait disparaitre quelques instants puis nageait avec une lenteur infinie afin de permettre à son corps de se libérer des affres du jour. Elle se livrait sans retenue à ce clair-obscur salvateur. Son souffle et ses membres peu à peu s’harmonisaient, et enfin, elle était le lac, le bruit du vent dans les roseaux et le bruissement des ailes des oiseaux dans le soir.

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