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Premier sang



Le Prix Renaudot est très mérité pour Premier sang, le roman d’Amélie Nothomb inspiré, émouvant et profond.

Amélie Nothomb devient son père, et écrit à la première personne, un roman qui débute de manière singulière en relatant la proximité de la mort que Patrick Nothomb vécut, âgé alors de 28 ans, en échappant de peu au peloton d'exécution. Élevé dans une famille au sein de laquelle s'opposent l'amour et la sauvagerie, cet enfant sensible ne peut approcher cette mère bien trop veuve pour l'aimer, qui sème cependant le trouble le temps de séances de pose pour un tableau trompeur. Initié à la poésie par son grand-père Nothomb, le jeune Patrick voue un culte à Baudelaire et Rimbaud et porte une extrême attention au langage dont il cultive le pouvoir et les vertus.

En 1964, diplomate au Congo, il est pris en otage pendant 4 mois, mais parvient à sauver la vie des gens, jour après jour, en maniant l'art de la palabre avec une dextérité redoutable, une prouesse verbale comparable à l'art de Shéhérazade. Rendre hommage à ce père héros, signifie également pour la romancière, un retour à ses origines puisque la pulsion de vie qui suivit cette mort en ligne de mire, fit de cet homme, son père.

Premier sang est un hommage délicat écrit avec amour et talent.

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